Le système éducatif n’a plus rien à voir avec la culture

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L’école au service de la réussite « individualiste », et non pas de
la réussite « collective » est déjà depuis longtemps sa fonction fondamentale : son enseignement repose de toute évidence sur le mérite personnel, le final étant de préparer l’enfant au dévouement et à son obéissance aveugle aux intérêts du capitalisme : elle occulte délibérément l’expérience des sociétés coopératives où chacun peut être acteur de ses succès … pas de chefs qui imposent autoritairement ses directives et « demanderaient aux autres s’ils sont capables de penser », pas de hiérarchie sociale où tous auraient des revenus égaux, formations continues de tous afin d’améliorer les compétences et faire face aux progrès technologiques, et faire en sorte que chacun et à tour de rôle soit capable de prendre les rennes de l’entreprise , soit par un vote démocratique ou décision par assemblée générale ayant lieu chaque année. En définitive, l’application d’une véritable souveraineté populaire qui s’exerce déjà dans de nombreuses entreprises de ce type, où chacun veille à détecter le moindre signe d’abrutissement qui pourrait menacer sérieusement ceux qui y travaillent. |
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Cette réussite qui repose sur l’enrichissement et le mérite personnel
» nous vient en grande partie des « Etats-Unis » depuis très longtemps , fiers de pratiquer l’économie la plus libérale en matière de création d’entreprise. C’était plus facile qu’ailleurs et surtout en Europe. Beaucoup plus de facilités pour obtenir des crédits, aides juridiques, emprunts … du moment que chaque projet d’entreprise émanait d’une personne qui pouvait témoigner de toute son énergie et de tous ses efforts dont il était capable. Ceux qui n’en n’était pas capable alors que « c’était facile » pouvaient donc crever, exactement les mots que j’ai entendus, sortis de la bouche d’une étudiant de Science-po. |
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En définitive, c’est à l’école où l’enfant doit comprendre qu’il doit
à tout prix être le meilleur, se mettant déjà en compétition avec ceux qui sont assis sur les mêmes bancs. Mais que signifie alors être le meilleur, plus cultivé que les autres ? plus intelligents ? Cette question n’a plus aucun sens. En supposant que chacun arrive au même niveau, que se passerait-il ? Comment un chef d’entreprise capitaliste s’y prendrait pour choisir l’employé idéal entre 30 candidats issus de la même classe, tous compétents ? Pour leur niveau de culture, leur connaissance en littérature, en histoire, en peinture, en cinéma, en danse classique, en musique ? Ne serait-ce pas plutôt à l’issue de l’entretien de recrutement la révélation de son caractère ambitieux, gagnant, capable d’écraser les autres quand il le faut pour l’avenir de l’entreprise, mais aussi toujours disposé à exécuter ce qu’on lui demande, sans broncher, sans autre pensée que celle d’œuvrer pour le bénéfice et les profits de l’entreprise, dont il ne récoltera que si peu les fruits. |
Un agent recruteur trop enclin à s’émouvoir face à un candidat trop
sentimental serait vite licencié. Trop de sentiment est totalement contraire au sens des affaires. Le sentiment, chez un chef (qu’il soit petit ou grand), est comparable au sédiment collé au fond des océans que la lumière ne peut pas atteindre, dans le noir total, incapable de remonter à la surface. Le système éducatif n’a plus rien à voir avec la culture. Il ne fait que formater le cerveau de l’ enfant pour le préparer à vivre dans un système considéré aujourd’hui comme le seul possible adapté à l’humain. C’est plus facile dès le début à un âge auquel il manque beaucoup de maturité. C’est déjà conditionner l’enfant « tout neuf », stratégie bien aisée et commode pareille à toutes les dictatures que l’on connaît, autant celles d’hier que celles d’aujourd’hui, et qui ont conduit à l’abrutissement des populations. |
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Certaines œuvres ou personnages apportent du moulin à ces propos. Citons
d’abord le film de Peter Weir :
Véritable ode à l’autodétermination et à «
la liberté de penser », pamphlet au conformisme et à "Carpe Diem » (vis l’instant présent) ou encore
« ne regrette pas une fois la mort arrivant ne pas avoir vécu Le cercle des poètes disparus vous laissera une impression que seuls les grands Films et les plus beaux poèmes parviennent à vous transmettre. Peter Weir nous offre une réalisation sans faute. Ce film a aussi l’autre mérite de commencer par
l’évocation d’Henri-David Thoreau : son essai « La |
Henri-David Thoreau
« Nous avons besoin du tonique de la vie sauvage
», écrivait-il ; mais cette nature n'a de sens que par rapport Quand un adolescent choisit de pouvoir
s’épanouir par la poésie et le théâtre plutôt que de s’engager dans une
carrière militaire selon les vœux de son père, c’est toute la pensée de
Thoreau qui s’exprime. Préférer mourir que d’avoir à passer sa vie dans
un métier qui consiste à donner la mort, c’est gigantesque ! |
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« Captain Fantastic » de Matt Ross.
Film d’auteur irréprochable et structuré de bout en bout, au service d’un scénario original et dans l’ère du temps. Captain Fantastic pousse le spectateur à une véritable remise en question sur soi mais aussi sur la religion , la politique , les enfants, en bref sur le monde des hommes dans sa globalité. Ce long métrage est difficilement quantifiable tant il aborde bon nombre de point mais qui, je pense, se veut avant tout ludique, antisystème, révolutionnaire contre toutes formes de propagande, d’oppression et d’abus de pouvoir dont nos sociétés mondiales actuelles regorgent.
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